Aux origines : le pays gouro
L'histoire se déroule à l'ouest de la Côte d'Ivoire, chez le peuple gouro (aussi appelé Kweni), au temps où, dit-on, les esprits marchaient encore parmi les hommes. C'est là, entre plantations et forêt sacrée, que vivait un homme dont les mains savaient parler au bois.
Djéla, le sculpteur, et sa fille Zaouli
Il s'appelait Djéla. Ni grand guerrier, ni chef fortuné : un homme simple, mais il n'avait qu'à effleurer une écorce pour que l'arbre lui confie ses secrets. Djéla avait une fille, Zaouli. « Si la lune avait un visage humain, elle aurait les traits de Zaouli ; si le vent avait une démarche, il aurait la légèreté de ses pas. » Elle n'était pas seulement belle : elle portait en elle la joie du village. Mais la beauté parfaite attire aussi le regard des ombres.
L'enlèvement par le Génie de la Brousse
Au-delà des plantations s'étend la forêt sacrée, si dense que le soleil n'y envoie que de maigres flèches de lumière. Là règne le Génie de la Brousse, un esprit ancien fait de racines tordues. Chaque soir, le vent lui apportait le rire et le nom de Zaouli. Fou de jalousie, il gronda : « La beauté n'est pas faite pour les cases de paille ! » Un soir de brume, alors que la jeune fille s'était attardée, des lianes jaillirent des fourrés ; le Génie l'emporta dans les ténèbres. Il ne resta sur le chemin qu'une calebasse brisée et une fleur de frangipanier. Le village entra dans la nuit la plus longue de son histoire.
La promesse du sculpteur : la naissance du masque
Djéla cessa de vivre, bien que vivant. Jusqu'à ce qu'une nuit, sa fille lui apparaisse en songe : « Père, mon corps est prisonnier du monde des esprits, mais mon âme est restée parmi vous. Si tu veux me revoir, cherche-moi dans le bois. » Alors il prit son herminette et, sept jours et sept nuits durant, il sculpta. Il tailla le front pur, les yeux en amande, et sur la tête plaça les animaux de la forêt, pour montrer que la nature elle-même s'inclinait devant elle. Ainsi naquit le masque le plus fin que l'Afrique ait porté : le masque de Zaouli.
Le triomphe de la danse
Le masque, pourtant, restait inanimé : il lui manquait le souffle de vie. Un jeune danseur s'avança, le couvrit de tissus chatoyants, ceignit ses chevilles de grelots et plaça le visage de Zaouli sur le sien. Au premier coup de tambour, le miracle s'accomplit : ses pieds se mirent à voler à une vitesse surhumaine, la poussière se souleva — Zaouli était revenue. Elle dansait pour défier les esprits, pour dire que la beauté et la culture d'un peuple ne mourront jamais. Depuis ce jour, chez les Gouros, quand le Zaouli danse, le temps s'arrête.
De la légende à la scène
Cette légende n'est pas un conte figé : c'est un patrimoine vivant. En 2017, l'UNESCO a inscrit la musique et la danse du Zaouli au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. La Compagnie Zaouli Paris la porte aujourd'hui sur scène dans le conte dansé « Zaouli, la fille de Djéla » — récit conté, danse du masque et musique 100 % live. Pour aller plus loin, découvrez la danse Zaouli et le masque gouro.
Questions fréquentes
Qui est Zaouli dans la légende ?
Zaouli est la fille du sculpteur Djéla, un homme du peuple gouro de Côte d'Ivoire. Enlevée par le Génie de la Brousse, elle « revient » à travers le masque que son père sculpte et la danse qui lui donne vie.
Que signifie le Zaouli ?
À la fois masque, danse et hommage, il célèbre la beauté et la mémoire, et affirme qu'à travers l'art la culture d'un peuple ne meurt jamais. Il réunit sculpture, tissage, musique, danse et oralité.
Pourquoi le Zaouli est-il classé à l'UNESCO ?
En 2017, l'UNESCO a inscrit la musique et la danse du masque Zaouli des communautés gouro au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Où voir la danse du Zaouli ?
Dans la création « Zaouli, la fille de Djéla » de la Compagnie Zaouli Paris. Inscrivez-vous à l'alerte dates pour connaître les représentations.